60 % des étudiants en détresse psychologique
Pourquoi l’enseignement supérieur doit enfin passer à l’action

En 2025, la santé mentale a été désignée Grande Cause Nationale en France. Une décision forte, qui traduit une réalité que les acteurs de l’enseignement supérieur connaissent bien sur le terrain : les étudiants vont mal.
Le premier Baromètre National sur la Santé Mentale des Étudiants, publié à l’automne 2025 par l’IESEG en partenariat avec la start-up teale et l’institut Ipsos, enfonce le clou avec des données sans appel. L’étude, réalisée auprès de 2 000 étudiants représentatifs de la population étudiante française, dresse un constat que l’on ne peut plus ignorer.
45 % seulement des étudiants se déclarent en bonne santé mentale
60 % présentent des signes cliniques de détresse psychologique
38 % envisagent d’arrêter leurs études à cause de leur mal-être68 % redoutent leur avenir professionnel
Ces taux sont largement supérieurs à ceux de la population générale, ou la détresse psychologique touche 36 % des personnes. Ce n’est pas une tendance de fond lente : c’est une crise silencieuse, qui s’accentue chaque année depuis la pandémie.
“Un étudiant serein, soutenu et écouté, c’est un futur professionnel mieux armé, plus empathique et plus engagé.”
IESEG, Baromètre 2025
1. L’ÉTAT DES LIEUX
Une crise documentée, pas une impression
Le baromètre IESEG/Ipsos de 2025 n’est pas isolé. Il vient confirmer une tendance lourde, documentée depuis plusieurs années par de multiples sources convergentes :
- L’enquête Prisme (INSERM, 2023) montrait déjà qu’une grande majorité d’étudiants présentent des symptômes dépressifs.
- Une enquête européenne publiée en 2025 révèle que près de 60 % des étudiants se disent épuisés moralement.
- En France, plus d’un étudiant sur trois déclare avoir déjà vécu un épisode dépressif, et près d’un sur deux ressent un stress permanent.
- Les idées suicidaires progressent également, notamment chez les 18-25 ans.
Ce qui est nouveau en 2025, c’est l’ampleur du chiffre et la légitimité de la source. Quand une grande école comme l’IESEG, cible directe du recrutement des employeurs, publie ce type de baromètre, le signal devient impossible à ignorer pour les directions d’établissements.
La santé mentale estudiantine n’est plus un sujet de psychologues scolaires. C’est un enjeu de performance, de rétention et d’attractivité pour les établissements d’enseignement supérieur.
2. LES CAUSES PROFONDES
Au-delà du stress des examens
Il serait trop simple de résumer la souffrance étudiante au stress des partiels. Le baromètre 2025 identifie un faisceau de pressions qui s’entrelacent et se renforcent mutuellement :
La pression académique
68 % des étudiants redoutent leur avenir professionnel, 64 % les examens, 60 % la pression des résultats. Dans les filières sélectionnées, la compétition interne crée un climat ou la vulnérabilité ne peut pas s’exprimer. L’échec est vécu comme une honte, pas comme une étape.
Les contraintes économiques
60 % des étudiants citent leur situation financière comme un facteur majeur d’anxiété. Les frais de scolarité augmentent, les loyers explosent, et près d’un étudiant sur deux exerce un emploi en parallèle de ses études, parfois au détriment de sa santé et de ses résultats.
L’isolement et la rupture sociale
Environ 70 % des étudiants se sentent régulièrement seuls. La transition vers le supérieur, les déménagements, la fin des repères scolaires et la difficulté à construire de nouvelles relations créent un sentiment d’isolement profond, aggravé par la distanciation héritée du Covid.
Un climat sociétal anxiogène
L’éco-anxiété touche 36 % des étudiants. La surcharge informationnelle, les réseaux sociaux, les crises mondiales successives nourrissent une anxiété diffuse qui dépasse le cadre universitaire et envahit toutes les dimensions de la vie.
Ces facteurs ne s’additionnent pas : ils se multiplient. Un étudiant précaire, isolé, anxieux face à son avenir, et sous pression académique permanente n’est pas simplement ‘stressé’. Il est en situation de fragilité profonde et durable.
3. LES RÉPONSES ACTUELLES
Bienveillantes, mais insuffisantes
Face à ce constat, la plupart des établissements d’enseignement supérieur ont réagi. Des cellules d’écoute psychologique ont été créées. Des conférences sont organisées en début d’année. Des ateliers de gestion du stress figurent au programme. Des applications de méditation sont recommandées.
Ces initiatives sont sincères et utiles. Mais elles partagent une limite commune : elles ne créent pas de compétences durables.
Une conférence annuelle sur la gestion du stress, aussi inspirante soit-elle, ne change pas les comportements. Une séance de yoga ponctuelle ne modifie pas les patterns cognitifs. Une ligne d’écoute psychologique intervient en aval, quand la crise est déjà là.
Former n’est pas informer. Développer une compétence demande de la répétition, de la régularité et du temps.
Le problème n’est pas le manque de volonté des établissements. C’est l’absence d’un cadre structuré, progressif et mesurable pour développer les compétences psychosociales des étudiants, au même titre que leurs compétences techniques ou académiques.
Or ces compétences s’apprennent. Elles s’entraînent. Et la recherche nous dit précisément comment.
4. LA SOLUTION : SOFT SKILLS ET MICRO-LEARNING
Ce que dit la recherche
L’Organisation Mondiale de la Santé a défini, depuis 1993, dix compétences psychosociales fondamentales (CPS) qui permettent à un individu de faire face efficacement aux exigences et aux défis de la vie quotidienne. Parmi elles : la gestion du stress, la pensée critique, la prise de décision, l’empathie, la communication efficace, la conscience de soi.
Ces compétences ne sont pas innées. Elles se développent. Et elles ont un impact direct sur la santé mentale, la résilience et la performance académique et professionnelle.
Les soft skills, levier numéro 1 de l’employabilité
Un baromètre 2025 sur les compétences prioritaires identifiées l’adaptabilité, l’esprit d’équipe et la capacité d’apprentissage comme les trois soft skills les plus recherchées par les recruteurs. Ces compétences ne s’acquièrent pas dans un cours magistral. Elles se pratiquent au quotidien.
Le micro-learning, le format le plus efficace pour les développer
Le micro-learning (l’apprentissage en modules courts et réguliers) est désormais reconnu comme le format le plus adapté au développement des compétences comportementales. Les chiffres sont frappants :
- Taux de rétention de 80 % après 30 jours, contre 20 % pour les formations traditionnelles
- Taux d’engagement 50 % supérieur aux formations longues
- Une étude 2025 note une augmentation de 46 % de l’efficacité d’apprentissage dans les organisations adoptant le micro-learning basé sur l’IA
- 93 % des organisations le considèrent désormais comme essentiel
La logique est simple : on ne change pas un comportement avec une session de 3 heures. On le change avec 15 minutes par jour, pendant 6 semaines, de façon progressive et ancrée dans le quotidien de l’apprenant.
C’est exactement le principe qui fonde le programme A Flow : des sessions courtes, des actions concrètes, une progression vérifiable. Pas une formation. Un entraînement.
5. CE QUE LES ÉTABLISSEMENTS PEUVENT FAIRE
Des pistes concrètes pour agir dès maintenant
Les établissements d’enseignement supérieur ne sont pas démunis. Ils disposent des leviers pour agir. Voici ce que les plus avancés font déjà, et ce que les autres peuvent engager rapidement :
- Inscrire le développement des compétences psychosociales comme objectif pédagogique à part entière, au même titre que les compétences académiques ou professionnelles. Intégrer les CPS au programme officiel.
- Privilégier des modalités courtes, flexibles, accessibles en autonomie. Les étudiants n’ont pas d’heures supplémentaires à consacrer. Ils ont 15 minutes par jour. Choisir des formats adaptés à la vie étudiante.
- Les étudiants sont davantage engagés quand ils peuvent visualiser leurs progrès. Un programme de bien-être sans indicateurs de suivi reste invisible. Mesurer et rendre visible la progression.
- Les établissements les plus innovants savent que les deux sont liés. Un étudiant qui gère mieux son stress, dort mieux et communique plus efficacement obtient de meilleurs résultats. C’est un investissement, pas une dépense. Ne pas opposer bien-être et performance.
- Les cellules psychologiques sont précieuses. Mais elles ne peuvent pas remplacer un dispositif de prévention en amont, qui développe les ressources internes avant que la crise n’arrive. Agir de façon préventive, pas seulement curative.
Le baromètre IESEG 2025 se termine par un appel clair : former, écouter, prévenir, adapter. Ces quatre verbes doivent désormais guider l’action des établissements. L’excellence académique seule ne suffit plus. Un étudiant qui n’a pas les ressources pour tenir psychologiquement ne pourra pas exprimer son potentiel.
CONCLUSION
La performance commence par le bien-être
La crise de la santé mentale étudiante est réelle, documentée et urgente. Mais elle n’est pas une fatalité.
Elle est le symptôme d’un système qui a longtemps négligé une dimension fondamentale de l’éducation : le développement des ressources intérieures. La capacité à se connaître, à gérer ses émotions, à entrer en relation, à faire face à l’incertitude. Ce ne sont pas des ‘soft’ skills. Ce sont les compétences les plus importantes que l’on puisse développer.
Les établissements qui agiront maintenant, de façon structurée et mesurable, auront un avantage concurrentiel réel dans les années qui viennent. Pas seulement sur les classements. Sur la vie de leurs étudiants.
15 minutes par jour. 6 semaines. Des compétences pour la vie.
A Flow Formations accompagne les établissements d’enseignement supérieur dans le développement des compétences psychosociales de leurs étudiants. Programme structuré en 9 packs thématiques, couvrant les 10 compétences psychosociales définies par l’OMS. Format micro-learning : 15 min/jour sur 6 semaines.
